Entre beauté et brutalité: 4 minutes

Quatre minutes (Vier minuten) Un cinéaste, Chris Kraus inspiré par une photo dans un journal, celle d’une femme plutôt masculine avec des mains très féminine qui donne des cours de pianos depuis 50 ans dans une prison de femmes. Il imagine une histoire et écrit le scénario. Le tournage est interrompu car cette femme lui fait un procès. Elle a eu une aventure avec une prisonnière et l’accuse d’avoir détourner son histoire. La fiction, une fois de plus, a cogné trop près de la réalité. Huit ans plus tard avec la moitié du budget, le film est lancé en Allemagne en 2006 et reçoit une quinzaine de nominations et de prix à divers festivals. C’est l’histoire d’une rencontre en prison, entre une professeur de piano de plus de 60 ans, Mme Kruger et une jeune femme, Jenny, une prisonnière accusée de meurtre.

Le film est violent, les actrices, poignantes (Monica Bleibtreu : Traude Krüger et
Hannah Herzsprung : Jenny) et la musique, surprenante. C’est un dialogue entre les deux femmes, tant au niveau de leurs passés, de leurs douleurs, de leurs musiques que de leurs amours. Tout aurait pu se dérouler autour de leurs rencontres au piano mais le film peint un portrait beaucoup plus large, s’attardant même sur le personnel de la prison, les détenues, un père repentant. Pourtant, les moments forts du film restent les têtes-à-têtes entre les deux femmes, et la musique, au cœur de leurs rencontres. Pendant de brefs instants qui frôlent la perfection, leurs styles de musique se rencontrent, s’ignorent, s’insultent, s’entrechoquent mais si peu, trop peu…. les notes se perdent un peu dans la surenchère de tous les drames passés ou présents des protagonistes.

Attention: La fin du film
un corps à corps à la vie, à la mort entre une femme et un piano

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Un vent de fraîcheur !

Les chansons d’amour: un film musical de Christophe Honoré où Paris s’entend, s’admire et se respire. Une belle chanson d’amour sans mièvrerie faite avec humour, originalité et audace. Un rédacteur de journal, Ismaël vit entre une copine et sa petite amie jusqu’au jour où un drame frappe sa vie. Il tente de continuer comme avant, mais rien n’est plus pareil. Découpé en trois séquences, ce film raconte un drame, un deuil, un retour à la vie. La littérature et les références cinématographiques teintent le film d’une poésie nostalgique.

C’est un drame musical puisqu’il est loin de s’agir d’une comédie. Oui, ça chante, mais même pour ceux qui d’habitude aiment moins… ici, les chansons ne sont pas des pauses dans l’histoire, au contraire; les textes, les dialogues, les regards, les silences s’interpellent avec délicatesse et jamais une chanson n’alourdit une scène ou coupe la tension. Elle accompagne et soulève l’émotion. Les personnages se confient en chansons, ils s’engueulent aussi, se consolent et parfois, font l’amour. C’est un pur délice que d’écouter ce film.

Ce film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2007 et nommé dans quatre catégories pour les Césars du cinéma en 2008, pour remporter le César de la meilleure musique de film.

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De Jamaïque, en passant par Toronto jusqu’à Détroit

How she move pour fanatiques de films sur le step avec hip hop en trame de fond. L’histoire est assez crédible pour faire tenir l’enchaînement des mouvements de danse. Une jeune fille avec de grandes ambitions revient dans son bled, suite à la mort de sa sœur. Elle voulait sortir du ghetto, la dépendance à la drogue de sa sœur l’y a ramené. Un concours de danse rafistolera sa vie. Le film avance, sans grandes surprises, jusqu’à la magistrale scène finale. J’aurais voulu encore plus de danses et un peu moins de mélo mais les chorégraphies dynamitées valent l’attente !!!

À l’origine, le film se déroulait à Toronto, du début à la fin et j’aurais beaucoup aimé voir la première version ! Ce film canadien, réalisé par Ian Iqbal Rashid et écrit par Annmarie Morais, a tout d’abord été lancé au Sundance Film Festival en 2007. Paramount et MTV, qui ont décroché le contrat de distribution, ont réinjecté un 2 millions de dollars supplémentaires à ce film de 5 millions pour refilmer certaines scènes jusqu’à Détroit et le remixer avec des artistes hip hop canadiens et américains. Ensuite, un 10 millions de plus dans la promotion et la distribution a contribué à faire connaître le film et même en faire un évènement. Le film a été projeté dans 1 500 salles de cinémas aux Etats-Unis et 50 au Canada. Deux actrices talentueuses à ne pas oublier : Rutina Wesley, le personnage principal et Tracey Tre Armstrong (dans un rôle secondaire mais inoubliable).

Une communauté s’est développé autour du film
http://www.myspace.com/howshemove

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Déjanté et original


Quel cinéaste ! Michel Gondry nous transporte souvent d’ailleurs dans l’imaginaire de ces personnages. Cette fois-ci, dans La science des rêves, un jeune mexicain français revient à Paris, attiré par sa mère par un boulot de rêve pour l’inventif qu’il est. Elle a menti ou mal compris, toujours est-il que ce n’est pas l’emploi idéal. Par contre, la voisine de palier le fait rêver. Non pas qu’il ait besoin d’aide pour rêver, bien au contraire. Entre le rêve, la réalité et son imaginaire, une histoire d’amour déchaînée déboule avec multiples clins d’oeil au cinéma d’animation, à la télévision réalité et autres délires visuels. Le cinéaste s’accorde tous les droits, dont celui de nous faire voler. Magistral si vous avez l’âme poète. Il faut accepter et déguster cette douce folie. Le film n’est pas de cette année, mais je n’avais pas de blogue à l’époque (2006). Je l’ai revu aujourd’hui et je voulais faire partager cette pirouette à la vie, aux espoirs, aux déceptions et aux surprises que ce soit en rêve ou dans la réalité.

Entrevue avec Michel Gondry

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Drôlement chympathique

Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon: joli, gentil, drôle et sympathique. L’exploration, tout en rires et en demi-sourires, des dommages que peuvent causer les préjugés. Et dans cet axe de lecture, le film devient une ode à la différence. Ça se passe dans le Nord de la France mais ça pourrait être ailleurs. Un fonctionnaire de la poste est muté à Bergues, petite ville du Nord, alors qu’il espèrait une poste sur la Côte d’Azur. C’est le drame dans sa famille et autour de lui. Il arrive dans un bled où tous sont charmants et quelques cabrioles plus tard, tout est bien qui finit bien. Maintenant, de là à comprendre le phénomène au box office de ce film, en France… il y a un pas. C’est un film rassembleur, mais je ne crois pas qu’à l’extérieur de la France, il casse la baraque.

Si vous avez une minute: le site vous donne un aperçu humoristique de la chose: http://www.chtinn.com/

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Le regard d’une gamine sur la vie !

La faute à Fidel (2006), premier film de Julie Gavras (fille de Costa Gavras), offre un regard neuf et faussement naïf sur certains idéaux. Une petite fille observe sa situation familiale changer parce que ses parents adoptent une nouvelle attitude face à la vie et à la société, en devenant « communistes ». Sympathique, émouvant, quelques clins d’œil offrant des pistes de réflexion sur l’engagement social ou politique et surtout, une actrice, Nina Kervel Bay, plantant avec aplomb, une gamine avec un sacré caractère qui remet énormément en question les grandes personnes. Elle glane, ici et là, des réponses à ses question et tente de percer des mystères d’adulte. Ce regard d’enfant, ne captant par tout, donne un rythme syncopé au film et crée quelques longueurs, même des essoufflements dans certaines scènes. Il demeure un film sympathique, malgré tout, dont on parle avec un sourire en coin et dont certaines répliques continuent à résonner, longtemps après le générique.

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Krack badaboum

Nitro (2007) d’Alain DesRochers: un beau gosse, une jolie fille, krakbadaboom, des voitures, une situation triste à faire verser quelques larmes… ce qui nous amène à l’utilisation massive de muscles, de poursuites, de coups de gueule et autres et encore plus de belles voitures, Donc pour les amateurs de films d’action à grosse machinerie et intrigue lourde, pour ceux qui s’ennuient de Lucie Laurier (présence maintenant rare au cinéma) et pour ceux (celles est toujours sous-entendu) qui veulent voir Guillaume Lemay-Thivierge en pleine action.

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Identité sexuelle et sociale

Entre regards, rencontres, tâtonnement et questionnement, le film argentin de Lucia Puenzo, XXY (première œuvre de la cinéaste), raconte une histoire d’amour adolescente qui soulève des questions particulières puisque le personnage principal, Alex est hermaphrodite, de naissance. Alex, enfant unique, vit avec ses parents dans un petit village d’Uruguay. Ils ont fui Buenos Aires pour que leur fille ne soit pas une bête de foire. La mère voudrait que tout soit normal et que sa fille soit heureuse. Le père tente de comprendre Alex et l’observe en tentant d’être là pour son enfant. La visite d’un couple, des amis de la mère avec leur fils, chamboule un peu le fragile équilibre qu’ils tentent de préserver, tous les trois. Une idylle se développe entre les deux adolescents. Le qui suis-je dans la découverte de l’amour et de la sexualité est déjà complexe, sans avoir cette double identité entre femme et homme. À 15 ans, elle se voit comme un monstre, rencontre un garçon qui l’aime et la désire dans cette différence, se fait trahir par son meilleur ami et se fait presque violer par des garçons du village qui veulent lui arracher son secret. L’actrice est fougueuse, gamine, garçonne, séductrice, sauvage. Ce film argentin est osé et pudique, intriguant et triste, sombre et lumineux. La beauté du film repose sur les acteurs, leurs dialogues, leurs échanges et surtout les regards : celui de l’autre sur soi et aussi, celui que l’on se porte à soi-même.

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Tant que volent les cerfs-volants…

Les cerf-volants de Kaboul est un long métrage de Marc Foster, adapté du roman du même nom, (en anglais, The Kite Runner), premier roman de l’Américain d’origine afghane Khaled Hosseini. Le film, l’un des meilleurs films que j’ai vu ces dernières années, est interprété en persan (sous sa forme dari), sous-titré en anglais et a été filmé à Kachgar en Chine, en raison de l’impossibilité de le tourner en Afghanistan.

Extrait d’un interview avec l’un des acteurs, ayant appris l’afghan, pour faire le film, Saïd Taghmaoui

Magistral ! Les images, les personnages, l’histoire et la façon de nous faire entrer en Afghanistan, d’abord par l’enfance du personnage, puis son retour. Tout est à couper le souffle. Un coup de fil à un homme qui reçoit deux boîtes de son premier roman et retour en arrière sur des enfants jouant avec des cerfs-volants à Kaboul. On apprend très vite que l’un est très riche, Amir, l’autre, Hassan, est le fils du serviteur. Hassan protège Amir depuis toujours, il est petit, futé, frondeur, il n’a peur de rien et ferait n’importe quoi pour Amir. Amir est craintif, ne se défend jamais quand on l’attaque; il regarde et écrit. Il a perdu sa mère à sa naissance et pense que son père le tient pour responsable de sa mort. Lors d’une scène clé où le cerf-volant tient un rôle essentiel, l’amitié entre Amir et Hassan vole en éclats et ils perdent tous deux une part de leur enfance et de leur innocence. Ensuite, plus rien n’est comme avant et l’on découvre Amir et Hassan dans leurs différences. Amir va finir par avoir honte de lui-même, face à Hassan, qu’il ne peut plus voir, tellement il lui en veut.

Chaque instant de ce film est si fort qu’il semble important de tout dire. Les scènes-clés s’inscrivent dans le fil du récit sans crier gare et laissent le spectateur pantois. L’efficacité du récit et la force des personnages qui nous sont présentés, sans fard, émeut, trouble, bouscule. Les scènes révèlent les personnages aux spectateurs dans un dénuement complet à travers leurs peurs, leurs lâchetés, leurs forces, leur pureté, leur dureté, les liens qui les lient. À couper le souffle. Et les acteurs ! Quels acteurs ? On est témoin de vie, tout simplement.

Bon, je reprends le cours du récit. Les communistes débardent, nous sommes à la fin des années 70, et le père, ne croyant pas plus aux communistes qu’aux talibans, quitte précipitamment le pays avec son fils. Il aboutira aux Etats-Unis pour travailler dans une station-service comme caissier. Il a toujours eu du mal à comprendre son fils, un peu passif, alors que lui, est très combatif. Quelques scènes nous le prouvent. Mais il aime son fils et l’accepte tel qu’il est. Beaux moments de complicité entre père et fils quand ce dernier rencontre la femme de ses rêves.

Puis La boucle du retour en arrière revient au présent et Amir doit retourner sur les traces de son passé, le confronter, même se racheter. Les images d’Afghanistan sont brutales. En quelques minutes, le climat de terreur, de désespoir et de haine nous saute au visage. Les talibans sont au pouvoir. Ils ont chassé du pays les communistes et tellement d’autres choses, dont les cerfs-volants des enfants. La ville est en ruine et les carabines, de l’avant.

Le symbole du cerf-volant marquera tout le film : liberté, enfance, vie, combativité, vitalité, beauté, tradition, transmission, cadeau de père à fils. L’histoire aurait pu ne se raconter qu’à travers l’histoire des cerfs-volants. Certains continuent à voler, d’autres sont coupés au combat, ce n’est pas nécessairement juste, c’est comme ça. Peut-être un peu la loi du plus fort, la vie et la mort, le destin, mais quel qu’il soit et tant qu’il y a de la vie, il y aura toujours la possibilité de refaire voler un nouveau cerf-volant.

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Que dire de plus !

…Maman est chez le coiffeur, le dernier film de Léa Pool, étonne.

La légereté y cotoie la lourdeur et la douleur, le bonheur. Ce long métrage ne tombe jamais dans le pathos, dans le cliché, dans le drame où d’habitude les personnages de Léa Pool se noient. Non. J’avais préparé un long texte où je parlais de cette histoire de famille, j’en glisse quelques mots, mais ils ne rendent pas l’humour, l’amour, la tendresse, la brutalité et la beauté des personnages. Elise, l’aînée, regarde sa famille se désagréger. Son père préfère les hommes mais voudrait rester avec sa mère. Sa mère ne veut pas le voir avant que sa fille ne lui jette cette réalité à l’oreille. À partir de là, les choses déboulent, la mère ne peut plus rien ignorer et elle part. Elise et ses frères restent. Le plus petit a une façon différente d’être qui dérange le père qui n’arrive pas très bien à communiquer avec ses enfants. Et les enfants se débrouillent quand même, tant bien que mal, souffrant, chacun à leur manière, de l’absence de leur mère. Le film est écrit par Isabelle Hébert et se déroule le temps d’un été, vers la fin des années 60, mais j’en ai déjà trop dit sans en rendre toute sa saveur, alors comme le film est encore à l’affiche, allez-le voir. Il faut le vivre. Un clin d’oeil à Bobino, pour ceux qui l’on connu.

Add comment Jeudi 8 mai, 2008

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