Satire presque féministe
Mercredi 19 novembre, 2008
Notre univers impitoyable (bande-annonce)
Notre univers impitoyable de Léa Fazer : une structure originale, des répliques cinglantes et un brin de sexisme sous le couvert de la satire. Margot et Victor (Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin) auront tous les deux la possibilité de remplacer l’associé de la firme d’avocats dans laquelle ils travaillent.
Le film débute avec la mort de cet associé, dans son bureau, devant tout le monde. Le ton est donné : la satire. Puis pendant tout le film, les possibilités se multiplient à deux voix. Parfois, elle a gagné le poste et sinon, c’est lui. Et la vie continue… Tout est énorme. S’il gagne, il en est fier, tous sont heureux pour lui et le respectent. Il finit par être obsédé par son travail et sauter sa secrétaire. Si elle gagne, elle en est fière mais tente de le cacher. Dans son milieu de travail, elle n’est pas respectée, au départ, mais finit par s’imposer par le charme et la beauté. Son patron ( Thierry Lhermitte) veut la sauter et tous croient que c’est grâce à ça qu’elle a eu le poste. Bien sur, elle ne veut pas d’enfant alors que s’il gagne, elle ne pense qu’à ça. Pour lui, gagnant, il se fout d’un enfant ou pas et perdant, il en veut absolument pour la garder un peu à la maison. La satire devient clichée. Heureusement, le personnage de la sœur de cette dernière (Pascale Arbillot) casse cette vision binaire dans laquelle le film se sclérose pour s’ouvrir sur autre chose. Elle a 40 ans, vient de se faire plaquer, a deux enfants, et fait un boulot de merde (je la cite). Elle est féministe (théoriquement, du moins) et sa vision des choses, ainsi que ses déboires offrent des répliques savoureuses tout au long du film.
Le film est original et osé dans sa critique sous-jacente, très français dans le regard posé sur la femme en milieu de travail. Dommage pour la fin trop facile qui nous fait presque oublier les moments forts du film! J’aurais bien aimé entendre la cinéaste nous exprimer ses motivations à faire ce film.
Entry Filed under: cinéma français. Mots-clefs: alice tablioni, cinéma français, féminisme, jocelyn quivrin, léa fazer, notre univers imipitoyable, Pascale Arbillot, thierry Lhermitte.
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed