Posts filed under 'cinéma américain'

En direct de l’histoire

Bande annonce du film, Milk

Milk. Gus Van Sant a une force, celle de nous faire revivre un événement marquant en recréant la montée et la construction de l’inévitable dénouement. Je repense à Elephant qui nous a fait vivre l’enchaînement d’incidents jusqu’à la tuerie à Colombine. Ici, c’est la carrière de Harvey Bernard Milk, homme politique américain et militant pour les droits civiques des homosexuels qui devient, à plus de 40 ans, le premier superviseur (un poste similaire à celui de conseiller municipal) ouvertement gay de la ville de San Francisco. Il est assassiné le 27 novembre 1978, à 48 ans.

Le film débute avec sa carrière. Sean Pen se métamorphose en ce charismatique Harvey Milk à la voix douce. Les personnages entourant Milk, très colorés et tenant chacun leur rôle dans la carrière de cet homme rassembleur, nous entraînent dans l’histoire et la création d’un quartier, d’une dynamique, d’une formation. Le portrait bouleversant de cette figure emblématique dans la défense des droits des homosexuels, offre un regard intimiste sur l’histoire de San Francisco.

Director Gus Van Sant speaks at the 2008 Harvey Milk Club Dinner.

Add comment Vendredi 30 janvier, 2009

New York débarque à Barcelone

Vicky Cristina Barcelona

Bavard comme toujours, la sexualité à l’avant plan et un don juan sensible qui bouscule la vie de deux femmes. Même les yeux fermés, on reconnaît Woody Allen. Oui, Barcelone dans cette agitation où le voyage rend tout possible, oui, les répliques font sourire, parfois même réfléchir, mais le succès de ce film a été en partie causé par la curiosité d’un baiser entre deux très connues et très jolies actrices: Scarlett Johansson et Pénélope Cruz (par ailleurs éblouissante dans son rôle d’hystérique amoureuse). Javier Bardem, est égal à lui-même, extraordinairement crédible que ce soit dans ses gestes, ses répliques ou ses silences. Cet acteur ne joue pas dans ses films, il est le personnage. Et pour l’avoir vu dans des rôles complètement différents, ça finit par être renversant, comme talent. Les autres personnages, dont Rebecca Hall, s’en sortent d’ailleurs aussi très bien dans leurs personnages un peu clichés qui parlent d’amour et le film se prend bien: une parenthèse agréable aux allures de voyage touristique dont il nous reste quelques photos, après coup. Comme une amie me l’a si bien dit, on dirait que le film se termine, alors qu’il devrait commencer. Et je rajoute, on aurait alors peut-être eu l’impression que le cinéaste se décidait enfin à sortir de l’adolescence

Entrevue avec Javier Bardem

très très courte entrevue avec Woody Allen, puis Penelope Cruz (en espagnol)

Add comment Samedi 11 octobre, 2008

L’Amérique à son meilleur !

The Dark Knight de Christopher Nolan, basé sur le personnage de Batman dans DC Comics est une réussite dans le film d’action. C’est dur, c’est violent, mais l’hémoglobine ne coule pas à flot et beaucoup de détails horribles sont gentiment laissés à notre imagination. Ici, le cliché des bons et des méchants s’évaporent pour laisser place à un jeu politique et éthique entre ce qui est considéré comme étant le bien et le mal, ainsi que les motifs de chacun et la manipulation de l’opinion publique dans tout ça. Dans ce film d’aventure, le Jocker (le défunt Heath Ledger) défie Batman (Christian Bale), en prenant la ville au complet comme terrain de jeu. Le personnage du Jocker est fou, dangereux, imprévisible. L’acteur est bouleversant, effrayant et peut-être que sa mort ajoute à la légende… mais son interprétation donne des frissons, même du plaisir. Je me suis surprise à me prendre d’affection pour cet agent de chaos. Batman est plus prévisible et, à côté du Jocker, il semble même un peu lourdaud, emmurée dans sa grosse armure et sa rutilante bagnole. Mais chez lui, entre le dilletante milliardaire et le noir justicier, la dichotomie du personnage, fascine. Rien de binaire dans le film. Un film d’action qui sera analysé dans les classes de cinéma et devrait l’être par les politiciens.

Entrevue avec le cinéaste, Christopher Nolan:

Add comment Mardi 12 août, 2008

Cascades et effets spéciaux plutôt qu’autre chose

Wanted, bien ou pas ?

Du jour au lendemain, un bureaucrate sans histoire et anxieux (joué par James MacAvoy) se découvre être le fils d’un assassin, faisant partie d’une fraternité qui cherche le bien de l’humanité. En quelques jours, il devient un super tueur, meilleur que les meilleurs, afin de venger la mort de son père. Bon. Et encore ? C’est violent, sanguignolant, aucun détail ne nous est épargné. Angelina Jolie l’est un peu moins que d’habitude mais les scènes d’action, les cascades spectaculaires, les effets spéciaux, les combats et le plaisir de voir enfin gagner le bon gars, l’emportent sur les lourdeurs scénaristiques. La fin surprend et rehausse la prémisse de l’histoire en lui donnant un petit côté moins linéaire. Mais vu juste après The Dark Knight… Wanted ne faisait pas le poids !

Le cinéaste d’origine russe, Timur Bekmambetov, est quand même passé sur le tapis rouge, à Cannes avec ce film, adapté d’un livre de Mark Millar.

Wanted. Premiere.(NEW). Red Carpet. Timur Bekmambetov, Angelina Jolie, James Mcavoy, Morgan Freeman, Lorna Scott, Mark Millar, etc.

Add comment Mardi 12 août, 2008

Déjanté et original


Quel cinéaste ! Michel Gondry nous transporte souvent d’ailleurs dans l’imaginaire de ces personnages. Cette fois-ci, dans La science des rêves (The Science of Sleep), un jeune mexicain français revient à Paris, attiré par sa mère par un boulot de rêve pour l’inventif qu’il est. Elle a menti ou mal compris, toujours est-il que ce n’est pas l’emploi idéal. Par contre, la voisine de palier le fait rêver. Non pas qu’il ait besoin d’aide pour rêver, bien au contraire. Entre le rêve, la réalité et son imaginaire, une histoire d’amour déchaînée déboule avec multiples clins d’oeil au cinéma d’animation, à la télévision réalité et autres délires visuels. Le cinéaste s’accorde tous les droits, dont celui de nous faire voler. Magistral si vous avez l’âme poète. Il faut accepter et déguster cette douce folie. Le film n’est pas de cette année, mais je n’avais pas de blogue à l’époque (2006). Je l’ai revu aujourd’hui et je voulais faire partager cette pirouette à la vie, aux espoirs, aux déceptions et aux surprises que ce soit en rêve ou dans la réalité.

Entrevue avec Michel Gondry

Add comment Samedi 28 juin, 2008

Tant que volent les cerfs-volants…

Les cerf-volants de Kaboul est un long métrage de Marc Foster, adapté du roman du même nom, (en anglais, The Kite Runner), premier roman de l’Américain d’origine afghane Khaled Hosseini. Le film, l’un des meilleurs films que j’ai vu ces dernières années, est interprété en persan (sous sa forme dari), sous-titré en anglais et a été filmé à Kachgar en Chine, en raison de l’impossibilité de le tourner en Afghanistan.

Extrait d’un interview avec l’un des acteurs, ayant appris l’afghan, pour faire le film, Saïd Taghmaoui

Magistral ! Les images, les personnages, l’histoire et la façon de nous faire entrer en Afghanistan, d’abord par l’enfance du personnage, puis son retour. Tout est à couper le souffle. Un coup de fil à un homme qui reçoit deux boîtes de son premier roman et retour en arrière sur des enfants jouant avec des cerfs-volants à Kaboul. On apprend très vite que l’un est très riche, Amir, l’autre, Hassan, est le fils du serviteur. Hassan protège Amir depuis toujours, il est petit, futé, frondeur, il n’a peur de rien et ferait n’importe quoi pour Amir. Amir est craintif, ne se défend jamais quand on l’attaque; il regarde et écrit. Il a perdu sa mère à sa naissance et pense que son père le tient pour responsable de sa mort. Lors d’une scène clé où le cerf-volant tient un rôle essentiel, l’amitié entre Amir et Hassan vole en éclats et ils perdent tous deux une part de leur enfance et de leur innocence. Ensuite, plus rien n’est comme avant et l’on découvre Amir et Hassan dans leurs différences. Amir va finir par avoir honte de lui-même, face à Hassan, qu’il ne peut plus voir, tellement il lui en veut.

Chaque instant de ce film est si fort qu’il semble important de tout dire. Les scènes-clés s’inscrivent dans le fil du récit sans crier gare et laissent le spectateur pantois. L’efficacité du récit et la force des personnages qui nous sont présentés, sans fard, émeut, trouble, bouscule. Les scènes révèlent les personnages aux spectateurs dans un dénuement complet à travers leurs peurs, leurs lâchetés, leurs forces, leur pureté, leur dureté, les liens qui les lient. À couper le souffle. Et les acteurs ! Quels acteurs ? On est témoin de vie, tout simplement.

Bon, je reprends le cours du récit. Les communistes débardent, nous sommes à la fin des années 70, et le père, ne croyant pas plus aux communistes qu’aux talibans, quitte précipitamment le pays avec son fils. Il aboutira aux Etats-Unis pour travailler dans une station-service comme caissier. Il a toujours eu du mal à comprendre son fils, un peu passif, alors que lui, est très combatif. Quelques scènes nous le prouvent. Mais il aime son fils et l’accepte tel qu’il est. Beaux moments de complicité entre père et fils quand ce dernier rencontre la femme de ses rêves.

Puis La boucle du retour en arrière revient au présent et Amir doit retourner sur les traces de son passé, le confronter, même se racheter. Les images d’Afghanistan sont brutales. En quelques minutes, le climat de terreur, de désespoir et de haine nous saute au visage. Les talibans sont au pouvoir. Ils ont chassé du pays les communistes et tellement d’autres choses, dont les cerfs-volants des enfants. La ville est en ruine et les carabines, de l’avant.

Le symbole du cerf-volant marquera tout le film : liberté, enfance, vie, combativité, vitalité, beauté, tradition, transmission, cadeau de père à fils. L’histoire aurait pu ne se raconter qu’à travers l’histoire des cerfs-volants. Certains continuent à voler, d’autres sont coupés au combat, ce n’est pas nécessairement juste, c’est comme ça. Peut-être un peu la loi du plus fort, la vie et la mort, le destin, mais quel qu’il soit et tant qu’il y a de la vie, il y aura toujours la possibilité de refaire voler un nouveau cerf-volant.

Add comment Lundi 19 mai, 2008


 

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