Posts filed under 'cinéma français'

Palme d’or et César

Bande-annonce du film, Entre les murs

Vrai, authentique, grinçant, Entre les murs de Laurent Cantet est une adaptation cinématographique du roman éponyme de François Bégaudeau, qui joue dans ce film, le rôle principal du professeur (son propre rôle), en plus de coécrire le scénario avec le réalisateur et Robin Campillo. Le film a remporté la Palme d’or à Cannes 2008 et ensuite, le César de la meilleure adaptation cinématographique en 2009. Si j’en parlais ici, je ne dirais que des banalités redites mille fois. Le film fait vivre pendant 2 heures cette école ou plutôt, une classe dans cette école. C’est marquant, instructif, drôle, parfois moins et il y a même des moments où l’on voudrait que les choses se passent différemment, mais c’est comme ça; les pièges du système sont là sans que ce ne soit réellement la faute de personne en particulier, mais de tous à la fois.

Rencontre autour du film “Entre les murs”, animée par Anne Diatkine de la rédaction de Elle, avec la participation de Laurent Cantet, réalisateur du film et deux des acteurs du film, Esmeralda Ouetani et Franck Keïta.

Entrevue avec François Begaudeau (auteur du livre, co-scénariste et acteur du film, plutôt que réalisateur, comme indiqué dans la description du clip, sur Youtube.

Add comment Mardi 10 mars, 2009

Cliché original

Bande annonce du film, 99 francs.

J’avais écrit un texte qui commençait par cynique et original. Je n’en conserverai que ces deux mots. Après coup, mes commentaires me paraissaient décalés et insipides. Un peu cliché comme formule mais c’est un film que l’on aime ou pas. Que l’on a envie de voir ou pas du tout. Immense publicité dénonçant la pub, la surconsommation, l’idiotie des moutons beiges qui suivent le troupeau et en même temps, la difficulté de ne pas faire comme tout le monde. Un publicitaire en pleine crise existentielle, pète les plombs.

Le film, écrit par Nicolas & Bruno et réalisé par Jan Kounen, s’inspire du roman de Frédéric Beigbeder. L’auteur, qui a aidé à la réalisation, fait même une brève apparition dans le reflet du miroir du personnage principal, joué par Jean Dujardin. L’image est simple et efficace. Comme le film. Comme la publicité. Je laisse les principaux intéressés vous parler du film !

Entrevues avec le réalisateur, Jan Kounen (plusieurs autres accessibles sur youtube):


Entrevues avec l’acteur, Jean Dujardin : 

 Frédéric Beigbeder reçoit le journaliste Stéphane Basset (Paris. Flammarion. Maison d’édition) 

Publicité déjantée finale qui vaut tout le déplacement à elle seule:

Add comment Mardi 3 mars, 2009

Un Noël virulent

Bande annonce du film : Un conte de Noël

Un conte de Noël, scénarisé par Emmanuel Bourdieu et Arnaud Desplechin, réalisé par ce dernier: décapant, jouissif, violent. Je parle ici de la violence verbale, la violence des sentiments, la violence des liens entre les membres d’une même famille frappée par une tragédie qui marquera leur histoire et laissera des traces indélébiles sur les oubliés, les mal aimés et en fait, tous et chacun. Un enfant adoré perdu en bas âge, un enfant, conçu pour le sauver, sans succès. Le fils adoré meurt, le médicament inefficace vit, vieillit, amer, blessé par cette mère qui ne l’aimera pas tout à fait. La sœur aînée porte toute cette douleur. Les autres membres de la famille poussent tant bien que mal. Tout ce passé remonte à la surface, à l’occasion de Noël, la mère apprend qu’elle est atteinte d’une maladie génétique rare, la même que celle de son fils mort en bas âge. Elle a besoin d’une greffe de la moelle osseuse avec quelqu’un de compatible. Toute la famille, enfants et petits-enfants se font tester. Les ressentiments des uns envers les autres éclatent dans des dialogues durs et purs, sans censure. Les acteurs se renvoient la balle du passé au présent : Catherine Deneuve, parfaite, Mathieu Amalric, complexe et bouleversant, Emmanuelle Devos, brûlante, Jean-Paul Roussillon, à la fois effacé et si présent, Chiara Mastroianni, survivante malheureuse, Anne Consigny, hyperémotive et un peu folle, et Melvil Poupaud, déconnecté et toujours intense, malgré tout. C’est à écouter encore plus qu’à voir. Jubilatoires luttes verbales.

Entrevue avec Arnaud Desplechin (en anglais!) J’aurais bien aimé en trouver une intéressante en français et aussi avec Emmanuel Bourdieu, mais bon… C’est mieux que rien.

Add comment Dimanche 1 février, 2009

Une femme libre

Extrait du film: Sagan de Diane Kurys

Sagan, pétillant d’intelligence, drôle et triste à la fois. Souvent, les films biographiques finissent en une série de scénettes collées plus ou moins habilement en un montage de flash back en flash back, ou chronologiquement. Ici, on ne se pose même pas la question, tellement la structure semble aller de soi. Le flash back est en continu, la fin termine sur cet épitaphe, rédigé par l’écrivaine, de son vivant. On n’a l’impression d’être témoin des grands et des petits moments de cette femme, le côté public et, surtout, privé, avec la montée et la descente, suite à son accident de voiture. L’actrice, Sylvie Testud, toujours aussi magnifique qu’effacée, au service du rôle qu’elle joue, fait apparaître Françoise Sagan, femme libre, dans toute son impulsivité, ses coups de cœur, ses démons, ses moments de solitude et cet humour qui ne la quitte jamais.

Son épitaphe :
”Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, “Bonjour tristesse”, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.”

Françoise Sagan, écrivaine française, est née Françoise Quoirez, le 21 juin 1935 à Cajarc, après avoir menée une vie, jusqu’au bout, est décédée le 24 septembre 2004 d’une embolie pulmonaire. Le film de Diane Kurys, à l’origine une commande de France 2, de deux épisodes de 90 minutes, sera remonté en un film de deux heures, suite au regard que Luc Besson pose sur le film.

Sylvie Testud présente Sagan

Add comment Mardi 16 décembre, 2008

Écoutez-moi vous raconter…

Bande annonce du film: Parlez-moi de la pluie

Parlez-moi de la pluie… pourquoi n’en avoir pas parlé plus tôt ? Est-il plus difficile de parler de ce qu’on a vraiment particulièrement aimé ? Peut-être. Je ne me sens pas objective… non que je prétende l’être d’habitude. J’adore le duo de scénaristes : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Et ils ne me déçoivent jamais ou presque. Ici, comme toujours, c’est fin, drôle et triste à la fois, vrai, touchant et incisif. Par des personnages incarnés, réels et complexes, ils égratignent les idées préconçues et surprennent tout en faisant sourire. Agnès Jaoui incarne Agathe Villanova, une féministe de caractère qui s’aventure en politique. Karim (Jamel Debbouze), apprenti-documentariste et Michel Ronsard (Jean-Pierre Bacri) entreprennent un documentaire sur cette femme. Karim est en réalité le fils de la femme à tout faire de la famille Villanova. Il a beaucoup de ressentiment envers Agathe Villanova pour son indifférence face à lui. Le tableau se complète par une sœur, malheureuse dans son mariage, amante du documentariste, un mari et deux enfants. La mère de Karim, (Mimouna Hadji) joue ici son premier rôle, conservant même son prénom. Authentique.  

 

Présentation du film par Agnes Jaoui, Jean-Pierre Bacri et Jamel Debbouze

1 comment Jeudi 4 décembre, 2008

Satire presque féministe

Notre univers impitoyable (bande-annonce)

Notre univers impitoyable de Léa Fazer : une structure originale, des répliques cinglantes et un brin de sexisme sous le couvert de la satire. Margot et Victor (Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin) auront tous les deux la possibilité de remplacer l’associé de la firme d’avocats dans laquelle ils travaillent.
Le film débute avec la mort de cet associé, dans son bureau, devant tout le monde. Le ton est donné : la satire. Puis pendant tout le film, les possibilités se multiplient à deux voix. Parfois, elle a gagné le poste et sinon, c’est lui. Et la vie continue… Tout est énorme. S’il gagne, il en est fier, tous sont heureux pour lui et le respectent. Il finit par être obsédé par son travail et sauter sa secrétaire. Si elle gagne, elle en est fière mais tente de le cacher. Dans son milieu de travail, elle n’est pas respectée, au départ, mais finit par s’imposer par le charme et la beauté. Son patron ( Thierry Lhermitte) veut la sauter et tous croient que c’est grâce à ça qu’elle a eu le poste. Bien sur, elle ne veut pas d’enfant alors que s’il gagne, elle ne pense qu’à ça. Pour lui, gagnant, il se fout d’un enfant ou pas et perdant, il en veut absolument pour la garder un peu à la maison. La satire devient clichée. Heureusement, le personnage de la sœur de cette dernière (Pascale Arbillot) casse cette vision binaire dans laquelle le film se sclérose pour s’ouvrir sur autre chose. Elle a 40 ans, vient de se faire plaquer, a deux enfants, et fait un boulot de merde (je la cite). Elle est féministe (théoriquement, du moins) et sa vision des choses, ainsi que ses déboires offrent des répliques savoureuses tout au long du film.
Le film est original et osé dans sa critique sous-jacente, très français dans le regard posé sur la femme en milieu de travail. Dommage pour la fin trop facile qui nous fait presque oublier les moments forts du film! J’aurais bien aimé entendre la cinéaste nous exprimer ses motivations à faire ce film.

Add comment Mercredi 19 novembre, 2008

Autour de l’inavouable

Un crime inadmissible, 2 soeurs, le pardon et la confiance, crée dans le premier film de Philippe Claudel, Il y a longtemps que je t’aime, un cocktail peu banal. Le titre donne l’impression d’un film mièvre… le film est boulversant et si loin des clichés. Juliette Fontaine, la soeur ainée de Léa, sort de prison après 15 ans d’incarcération pour avoir tué son fils. Sa soeur, enseignante en littérature à Nancy va l’accueillir chez elle, au sein de sa petite famille, sans lui poser une seule question. Tout au long du film, des secrets se révèlent, de confidences en découvertes. Les voiles se lèvent un à un sur la vie des deux soeurs, leur enfance, leurs parents, leurs enfants et cette prison qui les a si longtemps séparé. C’est un premier film d’une finesse peu commune qui n’a pas peur des silences, de ne pas en dire plus qu’il faut et qui fait confiance à ses acteurs, actrices pour exprimer les non-dits. Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein, les deux soeurs, sont inoubliables et le personnage de Michel, joué par Laurent Grévill, un ami de Léa, attiré par la mystérieuse Juliette, nous touche aussi. Le cinéaste auteur semble avoir quelques points communs avec ce personnage qui a donné des cours, pendant plusieurs années, en prison. Un film qui marque.

Entrevue avec Philippe Claudel et Elsa Zylbersein


Add comment Jeudi 9 octobre, 2008

Regard impressionniste de Klaplish


Paris. Sous le regard d’un homme qui observe les autres, vivrent: Paris dans tous ses états. Il doit mourir et plonge son regard sur la ville, du haut de son balcon, glissant sur d’autres vies, chassés croisés d’amour, d’amitié et de rencontres inusitées. De la superficialité à la philosophie, de l’histoire à la télé, du haut du balcon, au frigo d’une boucherie, de la tour Eiffel à l’université, on se balade dans Paris. Les personnages sont vrais, émouvant, surprenant, parfois drôles, les liens entre les personnages se tissent, se développent, se cassent. Les dialogues, toujours justes, sont savoureux, subtiles et intelligents. La vie se reflète dans tous ses aspects sous les liens filiaux, familiaux, amoureux, amicaux. Mille et une références et clins d’oeil à Paris, son histoire, sa culture, sa structure et j’en passe parce que j’en ai sûrement raté. Un film à voir et revoir. Merci Cedric Klaplish et tous les autres qui ont injecté leur talent dans ce film: Fabrice Luchini, Romain Duris, Juliette Binoche, Julie Ferrier, François Cluzet, Karin Viard, Sabrina Ouazani et Maurice Bénichou, pour n’en nommer que quelques uns.

Add comment Mercredi 8 octobre, 2008

Amour, sexe et mobylette

Amour, sexe et mobylette est une coproduction entre la France et l’Allemagne de Maria Silvia Bazzoli et Christian Lelong. 95 minutes au rythme du Burkina Faso où les burkinabés s’expriment sur l’amour et la sexualité. Ici, le cinéma s’efface au profit des personnages. Le lenteur du film donne l’impression au spectateur de se balader dans Koupéla (ville où tout le film se déroule) . Des enfants parlent d’amour, des ados rêvent ou pas à la personne de leur rêve, des couples se forment et d’autres sont ensembles depuis très longtemps. Dans ce film, tous expriment leur vision de l’amour. Un groupe de jeunes aborde aussi des sujets plus délicats, mais très vite et très peu: l’excision, le partage des tâches, le rôle de l’homme et de la femme. Toutes ses discussions s’attrapent au vol, au petit bonheur des rencontres, des échanges. Plus qu’un regard sur l’amour et la sexualité, c’est un survol des différentes mentalités qui se cotoient en Afrique de l’Ouest, aujourd’hui. La multitude des points de vue, frappe. Certains, certaines, veulent que rien ne change, que les choses restent les mêmes et d’autres parlent de faire évoluer les mentalités. Malheureusement, le film était tartiné de chansons à l’eau de rose sur les amours des différents personnages, brisant le rythme de cette promenade dans les rues de Koupéla. Un film, qui malgré ses légers défauts, donne le pouls d’une population, en cette période de célébration de la Saint-Valentin, au Burkina Faso

Des vidéos filmés à Koupéla, à défaut d’images du film !

Add comment Samedi 30 août, 2008

Un vent de fraîcheur !

Les chansons d’amour: un film musical de Christophe Honoré où Paris s’entend, s’admire et se respire. Une belle chanson d’amour sans mièvrerie faite avec humour, originalité et audace. Un rédacteur de journal, Ismaël vit entre une copine et sa petite amie jusqu’au jour où un drame frappe sa vie. Il tente de continuer comme avant, mais rien n’est plus pareil. Découpé en trois séquences, ce film raconte un drame, un deuil, un retour à la vie. La littérature et les références cinématographiques teintent le film d’une poésie nostalgique.

C’est un drame musical puisqu’il est loin de s’agir d’une comédie. Oui, ça chante, mais même pour ceux qui d’habitude aiment moins… ici, les chansons ne sont pas des pauses dans l’histoire, au contraire; les textes, les dialogues, les regards, les silences s’interpellent avec délicatesse et jamais une chanson n’alourdit une scène ou coupe la tension. Elle accompagne et soulève l’émotion. Les personnages se confient en chansons, ils s’engueulent aussi, se consolent et parfois, font l’amour. C’est un pur délice que d’écouter ce film.

Ce film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2007 et nommé dans quatre catégories pour les Césars du cinéma en 2008, pour remporter le César de la meilleure musique de film.

Add comment Vendredi 18 juillet, 2008

Previous Posts


 

novembre 2009
L Ma Me J V S D
« août    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

Catégories

Articles récents

Blogroll

Flux