Posts filed under 'cinéma uruguayen'
De la satire à la tragédie
Le dernier film de cette cinéaste uruguayenne, Beatriz Flores Silva, s’intitule Polvo nuestro que estás en los cielos lors de sa sortie, mais dans le cadre du Festival des films du monde à Montréal: Masangeles. Une gamine de 7 ans, dont la mère se suicide, part vivre dans la famille de son père, un politicien influent et déjà marié. Le père est un coureur de jupons invétérés, déclenchant des duels avec les maris trompés. Sa femme réinvente continuellement la maison, de rénovation en rénovation. Le fils se rebelle contre son père et prend position contre son père. Masangeles, témoin de tout ce cirque, développe une complicité particulière avec sa grand-mère, la matriarche de cet univers fermé sur lui-même. Pendant ce temps, dans le reste du pays, la grogne monte, la pauvreté est trop grande et la situation finit par exploser.
Extrait du film en version originale
Le film démarrant comme le portrait d’une famille dysfonctionnelle, déconnectée de la réalité, devient un film sur un pays en crise, en pleine révolution. Le portrait de l’un se voulait le reflet de l’autre, mais le virage est si brutal que les évènements absurdes deviennent des tragédies réelles. Le changement de ton est surprenant et laisse un peu le spectateur langue pendante devant cette guerre intestine qui arrive de nulle part, vers la fin du film. Peut-être est-ce voulu puisque l’on se retrouve devant ce revirement, un peu comme les bourgeois bien nantis qui n’auraient rien remarqué, enfermés dans leurs tours d’ivoire.
Entrevue avec la cinéaste (en espagnol)
Add comment Samedi 30 août, 2008
Fiction réelle
Simple, touchant, même triste, Les toilettes du Pape (El Baño del Papa) :de la fiction à saveur réelle. Le film a été sélectionné au Festival de Cannes, en 2007, et présenté dans la section « Un certain regard ».
En 1988, en Uruguay, tous les habitants de Melo se préparent à la visite du Pape. Presque 400 kiosques s’organisent, selon la spécialité de chacun pour répondre aux besoins d’une foule. Les gens du coin espèrent ainsi augmenter un peu leurs revenus. Une majorité d’entre eux s’endette pour être à la hauteur de l’évènement. Les médias annoncent plus de 200 000 visiteurs. Beto, lui, décide de construire une toilette publique. Pour le matériel et la marchandise, comme tous les autres, il doit multiplier les allers-retours de plus en plus périlleux entre le Brésil et l’Uruguay. Le policier à la frontière connaît bien leurs combines et en profite un peu.
L’un des réalisateurs, Enrique Fernández, originaire de Melo, était là, lors de cette journée, bien en deçà des prévisions. Il a mis 7 ans à faire ce film, basé sur la visite réelle du Pape, le 8 mai 1988. César Charlone est l’autre réalisateur, directeur photo, entre autre de La Cité de Dieu. Les acteurs ont été recrutés dans la région de Mélo, à l’exception de trois acteurs professionnels : César Troncoso, qui incarne Beto, le personnage principal, sa femme, Carmen, interprétée par Virginia Méndez et le policier, par Nelson Lence. Il faut noter la qualité de l’interprétation de la fille de Beto, Sylvia. Virginia Ruiz jouait tout en subtilité et en demi-ton. Son regard et ses silences exprimaient tous ses déchirements, ses ambitions, son amour et ses doutes. Anecdote d’un petit bled qui fait sourire, pleurer et réfléchir.
Entrevue avec les cinéastes :
Add comment Jeudi 21 août, 2008